mercredi 20 février 2013

Grand et Beau

Le Grand C, speCtaCle acrobatique, histoires et tableaux. C'est beau, impressionnant et dépouillé : "juste" 18 acrobates, quelques lumières et de la musique, parfois. ils montent doucement les uns sur les autres, tours humaines, tournent, dansent et chantent, s'élancent de bras en bras, des acrobates.
Je ne sais pas si c'est la proximité de la scène, le bruit des pas et des corps sur le sol, la vision claire des muscles tendus, des corps maîtrisés, des regards intenses et des immenses sourires qui éclairent les visages à la fin d'une périlleuse acrobatie, ou peut-être le son de l'accordéon triste et lent qui accompagnait certaines séquences. J'ai été émue aux larmes, discrètement, tendue aussi comme si la perception de ce travail immense m'en faisait réaliser toute la difficulté. J'ai aimé aussi ces regards échangés entre les acrobates, du soutien, un appui certain, un applaudissement muet.
C'était très Grand. Très beau. Trop court aussi.


http://www.ciexy.com/legrandc-galerie.html

vendredi 8 février 2013

Autrement, une surprise

Je croyais, nouille rêveuse et étourdie que j'étais, qu'il n'en restait plus que dans les très vieilles bibliothèques, que j'étais comme une sauveuse de l'espèce, complétant sa collection à coup de vide-greniers ou de ventes en lignes de vieux trucs.
Je me suis emballée. Il a suffit d'un passage rue du Faubourg Saint Antoine pour aviser le logo rouge, m'engouffrer sous le porche, pousser la porte de la boutique bibliothèque galerie, retrouver et découvrir les collections AUTREMENT et me livrer à quelques achats non compulsifs...

Accueil chaleureux garanti, exploration silencieuse et respectueuse des rayonnages pleins de nouveautés, de livres pour enfants, de romans, de guides et d'études.



Autrement,
77 rue du Faubourg Saint Antoine, Paris 11è


lundi 4 février 2013

Hope

De l'espoir je n'en avais plus.. 
Et pourtant, j'ai finalement attrapé au vol 2 places pour aller voir cette fameuse expo Hopper. J'aime Hopper parce que j'aime la photo et que j'ai souvent l'impression d'être face au travail d'un photographe, qui cadre, joue des éléments pour poser sa photo, et accroche la lumière si justement. 
J'aime en particulier ces deux photos, deux femmes éclairées par la lumière du jour, peut-être du soir dans un petit restaurant chinois et celle, seule, attablée devant une tasse de café, dans le noir.
Et le vert d'un vêtement...

 Chop Suey
Automat

Ps - Mais je n'aime VRAIMENT pas ces grandes expos incontournables où trop de monde déambule et commente avec brio et à haute voix s'il vous plaît ("c'est une ambiance particulière par rapport aux autres peintres", "Hopper, son truc, c'est vraiment la Lumière", "Ce n'est pas un peintre majeur, mais tu vois, je l'aime bien quand même", "l'année dernière, on a "fait" Matisse et Cézanne, mais bon c'était pas pareil"

mercredi 30 janvier 2013

Plein les yeux

Quelques expos, quelques moments volés, en semaine, à la MEP

Drôle d'impression face aux images de Martial Cherrier, sculpteur de son corps dont il présente la métamorphose, d'années en années. Il est le sujet de ses photos, se met en scène, culturiste à outrance. Il y a deux lectures (au moins) : celle qui porte sur un travail de longue haleine, où le photographe et le sujet se confondent, où l'on ne sait plus trop qui invite l'autre à la mise en scène, à l'image... et celle, plus large, sur nos relations avec nos corps, comme on les aime, ou pas, comme on les voudrait, comme ils sont.. Etrange et dérangeant.
De l'impact des champignons sur un tirage photographique.

Et puis, la rétrospective Joël Meyrowitz, des images prises entre 1960 et 2001 qui semblent raconter une histoire des dernières décennies ; s'il a utilisé le noir et blanc, il s'en est vite affranchi, proposant des images en couleur, à une époque où le N&B reignait sur la Photo, qu'elle soit d'art ou de photojournalisme ; et je suis tombée en arrêt devant ces deux-là...



Et pour ceux qui veulent bien s'aventurer dans les sous-sols de la MEP, les 10 ans d'IMAGES Magazine, une sélection de photos contemporaines, avec en particulier (parce que j'adore) celles d'Ambroise Tezenas, à Pékin, visibles depuis son site.

Images Magazine, pour feuilleter les derniers numéros 

Dans une petite enclave, dans la cave de la MEP entre 2 murs, il y a un film à regarder. On se pose comme ça, parce qu'on est là. Et on reste parce que le film. Un web documentaire de Medhi Ahoudig et Samuel Bolendorff, "A l'abri de rien", des témoignages de familles, de gens mal logés, voire pas logés du tout, qui vous attrape aux tripes. 
Et si vous n'allez pas jusque là, il est aussi ici.

vendredi 4 janvier 2013

Belle Année chocolatée

Parce que le chocolat c'est vital, compatible avec les cures détox de janvier, qu'il apporte du plaisir et donc du bonheur et que le bonheur, ça rend tout de suite la vie plus douce et les gens plus beaux (étude scientifique validée), 
Parce que ViaChocolat, chocolats d'auteurs, une tuerie je vous assure, a conclu un partenariat avec l'Association SNC, Solidarités Nouvelles contre le Chômage, pour reverser une partie de ses recettes à l'association en cette période de fêtes,
Parce que ViaChocolat reverse 20% de vos achats à partir de 50€ d'achats, et que c'est le chocodon.
Parce que ceux que nous accompagnons chez SNC le valent bien...
Parce que faut quand même se dépêcher car l'opération dure jusqu'au 12 janvier.

BELLE ANNEE AU CHOCOLAT !!

Du chocolat de chez Via Chocolat
Une image de chez Via Chocolat aussi...

Boutique VIA CHOCOLAT
5, rue Jean-Baptiste Pigalle 75009 Paris

vendredi 14 décembre 2012

Cher Monsieur Morel


J'écoute avec ferveur et enthousiasme votre chronique matinale tous les lundis. Je sais bien que vous la commettez le vendredi mais je ne peux l'écouter tranquillement - je n'ose dire religieusement que le lundi, mon casque vissé sur les oreilles, dans le train qui me mène à la capitale. Vous imaginez donc mon impatience chaque lundi, impatience largement récompensée la plupart du temps et en particulier ce lundi où vous fîtes l'apologie de la bonne humeur et du sourire.
La tête vaguement appuyée sur la vitre du train, ignorante des miasmes et dangers microbiens qui s'y trouvaient, je vous écoutais donc appeler à la légèreté et au sourire, en particulier dans ces temps difficiles et gris, où la "mine de circonstance" se doit d'être une vaste et profonde gueule d'enterrement. Je vous entendais évoquer les supporters marseillais scandalisés qui, drapés dans leur dignité bleu azur, s'insurgeaient contre le rire indécent de leur président alors que le Club gisait défait au milieu de la pelouse depuis quelques semaines. Je vous écoutais et je souriais, légèrement, tranquillement, heureuse de cette réhabilitation du sourire gratuit. Votre chronique était terminée, le silence était vaguement revenu dans le wagon et je m'enveloppais dans une béate et souriante torpeur, mon casque toujours bien accroché ; torpeur dont je fus tirée bien malgré moi par une voix grave d'adolescent  : "Eh mate la meuf qui rit toute seule là, elle est touchée ou quoi??".
Ce n'est pas toujours évident de garder le sourire et la tête haute en même temps...Mais je m'y attelle. Avec le sourire.

Le billet de François Morel
France Inter - Vendredi 8.55



lundi 10 décembre 2012

L'Age de Glace

A 1h d'avion de la Fin Del Mundo, le Parc Nacional de los Glaciares. 
De l'aéroport, improbable bâtiment posé au milieu de nulle part, une route unique qui se divise après quelques kilomètres ; deux traits de bitume qui traversent le désert d'un côté jusqu'à Rio Gallegos (300 km) de l'autre vers El Calafate (20 km). Au milieu, rien.

Des monuments de glace, de l'air glacial, du vent glacial (et accessoirement un accueil glacial à l'hôtel). Impression d'être tout petit, presque rien face à ces blocs immenses qui nous font face, craquant de toutes parts ; parfois un morceau tombe, le touriste crie "Oh" ou bien "Ah" et puis le touriste repart, car il a assez froid comme ça et le glacier reste, perdant doucement des petits morceaux qui dérivent sur le lac. Périto Moreno, Uppsala, ils semblent immenses de près, il le sont encore plus vus d'en haut, langues de glace qui glissent dans le Lago Argentino.






vendredi 7 décembre 2012

Neige

"Il va Neiger". "Demain, il y aura de la Neige". "Paris sous la Neige vendredi". 
Panique générale, plans B, anticipations excessives des uns et des autres, réflexions et discussions sur les alternatives aux déplacements, machines-à-café-de-l'étage en surchauffe*, décisions aussi sages qu'incongrues,  mais la perspective de la Neige autorise tout "Je pars tôt, il neige demain", regards suspicieux portés sur les trains (en grève hier encore du côté de St Lazare), fumeurs désemparés envisageant la cigarette du lendemain dans des conditions extrêmes, recherche des bottes fourrées, celles qui sont tout au fond de la cave, visions apocalyptiques de chasse-neige et d'ours polaires se croisant sur le périphérique aux heures de pointes...

Et ce matin, horreur, malheur, même pas de quoi faire une boule de neige. Pfff.


* pas la mienne, suis toute seule à mon étage chez moi, mais j'étais chez un client hier...

lundi 3 décembre 2012

10 ans

3 décembre 2002

Il a 10 ans aujourd'hui, mon gros bébé mon enfant le premier mon tout petit... déjà grand, la mèche de travers sur le front, la démarche qui se chaloupe de jours en jours, la basket qui frotte le bitume, l'oeil qui s'allume, l'envie de rire, la nonchalance, la provocation douce au bord des lèvres (Ca va quoi, Ben quoi, c'est quoi l'problème?), la musique et les copains qui envahissent petit à petit son espace...

Il voulait mettre son réveil à 5.20 ce matin, "pour se voir avoir 10 ans", mais il a dormi et nous aussi.
J'avais 30 ans quand il est arrivé. Ca l'amuse de penser que "pour nous, ce sera toujours facile de calculer". J'aimerais aussi que cela soit toujours facile, qu'il reste cet enfant de 10 ans, plein de doutes, d'envies et de tendresse...

BON ANNIVERSAIRE MON JULES

(je remarque que tes pattes ont sensiblement la même forme 10 ans après : belle constance...)


"J'ai dix ans
Je vais a l'école et j'entends
De belles paroles doucement
Moi je rigole, cerf-volant
Je reve, je vole
Si tu m'crois pas hé
T'ar ta gueule à la récré"
A.S

mardi 20 novembre 2012

Ushuaïa - Fin de Monde

Un magnifique voyage, forcément trop court, des amplitudes thermiques vertigineuses entre les printemps portegne et patagon, de la pluie, de la neige, du vent, du soleil, l'immensité désertique, la ville grouillante, colorée, bruyante et sale, chargée d'histoire et d'histoires...

Fouler le sol de la terre du bout du monde, contempler bouche bée ce port d'Ushuaïa, unique par son emplacement et par les routes maritimes qu'il dessert.. mettant à part les promène couillons dont nous arpentâmes évidemment les coursives glaciales, je ne peux m'empêcher de penser à ces bateaux, à leurs destinations, où va-t-on lorsque l'on quitte le port du bout du monde? A quoi pense-t-on lorsque la ville s'éloigne, que les montagnes chiliennes et les archipels alentours disparaissent, que les lions de mer cèdent la place aux pingouins, que le froid devient de plus en plus mordant? est-ce qu'on ressent où l'on est sur cet océan, entre 2 mondes, entre 2 routes, 2 océans, atlantique et pacifique?
Ushuaïa, sa rue commercante (unique), ses voitures qui passent et repassent formant un bouchon le dimanche après-midi, malgré les magasins fermés, comme si toute la vie venait s'y concentrer, en dépit du vent glacial qui vous attrape à chaque croisement. Les phares des voitures allumés à toute heure en dépit du jour qui s'attarde jusqu'à 22h, plus tard encore lorsqu'on se rapproche du solstice. C'est un endroit lointain, c'était le printemps, et c'était difficile d'imaginer l'hiver...




vendredi 16 novembre 2012

Vertical Road

Ambiance post apocalypse.. 
L'autre soir, j'ai senti le sable, le désert, le vent, les éléments déchaînés parfois.
j'ai pensé à MadMax (oui, et c'est assumé), à certains Jeremiah, à une ambiance post apocalypse, des rescapés échoués, une nouvelle civilisation qui péniblement se découvre, perdue d'avance, mais qui va tout de même entamer sa longue marche.
J'ai vu l'enchaînement, inexorable, l'absence de liberté sinon dans l'exclusion ou la folie. J'ai eu le tournis aussi, croyant voir un derviche, mystique, s'échapper en tournant avant de rejoindre le cercle.
J'ai pensé à une machine infernale, à une cadence scandée sur un rythme aussi lancinant qu'inquiétant, à ces hommes et femmes qui dansent, parfois dans la violence, rouages inconscients sans échappatoire possible.

C'était de la danse, et beaucoup plus..
C'était Vertical Road, par Akram Kahn, métaphore de L'Odyssée humaine…



mercredi 24 octobre 2012

Sandra

Après Camille, Sandra Nkaké, dans un style très Men In Black, baskets flashy aux pieds, une dynamite lancée sur la scène de la Cigale le 13 octobre dernier.
Déménagement après quelque minutes : nos pieds nous emmènent directement dans la fosse : danser, crier, sauter, chanter, rire et sourire.
Elle est très belle. Ils sont tous très beaux dans leur costume noir. On imagine qu'ils ont un peu chaud. Mais c'est certainement le prix de la Grande Classe pour Grand Concert.






lundi 22 octobre 2012

Eté Indien

19h, Paris. Alentours de St Lazare. La nuit tombe, la température extérieure est de 22°, des tee-shirts frôlent des imperméables trop chauds et trop lourds, des tennis en toile croisent et narguent les bottes hautes et fourrées.
Impression bizarre, comme ce M ensoleillé qui se détache dans le ciel qui tombe...



vendredi 12 octobre 2012

Les dessins d'Augustin



- Ca maman, tu vas trouver, c'est facile
- Ah, oui, c'est un drôle de bonhomme !
- Non. c'est un réfrigérateur avec une tête : tu lui demandes ce que tu veux et il te le donne.
- Evidemment.

mercredi 10 octobre 2012

Camille

Elle a la douceur et la poésie de son prénom, mais ne vous y trompez pas, c'est une créature féérique, imaginaire. Elle crée un Monde à partir de tout, de rien, d'un geste, d'un sourire, d'un tissu, d'une ampoule lumineuse qui figure un décor mouvant sur la toile du fond de la scène, d'un bras qui s'élève, des ombres... Elle crée des sons inconnus, de ses mains, de sa bouche, de mouvements qui modulent sa respiration...Elle passe de la furie à une légèreté douce, une invite au sourire et à l'émotion.
Elle livre des textes à peine dépolis, bruts d'émotion et de folie, revisite de la pointe de pieds "Que je t'Aime" (tout en douceur) et improvise aussi, avec ses 3 complices tout aussi rieurs qu'elle.
Camille était à l'Avant Seine lundi soir. On a bien essayé de la retenir, mais elle s'est déjà envolée vers ailleurs ; cherchez-la.

Il-y-a-des-droits-peut-être-sûrement-pardon-pour-l'emprunt

mardi 9 octobre 2012

Il pleut à Paris...


Paris tout gris souris(t).

jeudi 4 octobre 2012

Entrouvrir les volets...mais à peine

J'aurais bien aimé écrire que nous sommes rentrés de vacances hier... que les valises sont à peine rangées, les vêtements en train de sécher, les enfants prêts à reprendre l'école et nous encore bronzés.
Sauf que. C'était il y a plus d'un mois, le temps a passé trop vite, d'autres travaux d'écriture m'accaparent et le courage m'a manqué ou plutôt une énorme flemme m'a envahie.
Depuis 1 mois, il y a eu la rentrée, particulièrement désorganisée, 40 ans, une entreprise créée, les premières missions, 4-5 livres lus (petits commentaires à venir peut-être), 1 film vu (à la télé, j'en pleure encore, c'était La Guerre est Déclarée et cela vous donne une vague idée de mon retard cinématographique), l'arrivée d'Anton (pas ici car nous affichons complet, mais tout près de Lyon), un voyage à préparer (Buenos Aires, j'arrive !!!) et des projets en veux-tu-en-voilà pour l'année à venir... Alors, je reprends ma respiration, et je reviens.


A view from... les vacances

mercredi 1 août 2012

Fermeture pour congés annuels

Les sacs ne sont pas prêts, on ne sait d'ailleurs pas quand on part même si c'est pour la fin de la semaine. Ni quand on rentre. On sait où on va, même si les derniers jours de vacances sont encore assez flous. On retrouve les amis, les enfants aussi, le soleil peut-être, un dépaysement sûrement. Parenthèse au vert, sans horaire... Les vacances !
 
Réouverture fin août !

vendredi 20 juillet 2012

Helmut, June, Robert & Patti

Les femmes d'Helmut Newton sont grandes, belles, guerrières et nues. Le fait même de les contempler provoque une sorte de tassement de soi, assez désagréable : sans culminer à des sommets, je n'ai pas l'habitude de me sentir petite.
Il les aime provocantes, à la limite, souvent franchie, de la vulgarité et se décrit comme un voyeur professionnel… 
 Helmut Newton
Le secret de ces femmes est dévoilé par le maître lui-même lorsqu'il évoque John Wayne, toujours prêt à dégainer comme modèle pour prendre la pose, les bras éloignés du corps pour laisser passer la lumière. Le ton est donné et c'est vrai qu'elles en imposent ses femmes, même nues… leur regard, la tête haute, le corps sculpté, les seins hauts et la touffe conquérante (bon : je n'ai pas encore déposé de brevet pour ce concept a priori étrange mais allez voir...).

En parallèle, à la MEP, il y a les photos de June Newton, alias Alice Spring, des portraits en N&B, des regards qui traversent le papier, celui ironique et provocateur de Robert Mapplethorpe, des cigarettes aux volutes bleues, et une dédicace d'Helmut, pas très convaincu du potentiel photographique de sa femme mais finalement bluffé par la justesse de son regard. Et il a l'oeil le bougre...

Un regard, By Alice Springs

Et dans mon sac, il y avait Just Kids, de Patti Smith, la belle histoire de l'éclosion de 2 artistes dans le New-York des années 60, elle et Robert Mapplethorpe... 
Robert Mapplethorpe by Alice Springs

Et j'aime bien quand mes petites histoires et autres curiosités se rencontrent...

Jusqu'au 30 juillet 2012

Jusqu'au 4 novembre 2012
(et aussi de magnifiques photos de la non moins magnifique et mystérieuse Charlotte Rampling jusqu'au 26 août)

mardi 17 juillet 2012

Le jour où j'ai dansé sans musique

Expérience inédite, étonnante et bouleversante...Prendre le bras d'une inconnue, durant 2h30 et la laisser m'emmener, yeux bandés, à travers un parcours inconnu lui aussi, dans Paris. Les premiers pas sont incertains et pas à pas, la confiance s'installe, comme naturelle. Les rues me semblent tortueuses, les sols perturbés, les travaux omniprésents, les bruits amplifiés. J'apprends à reconnaître l'approche d'un passage clouté, un restaurant, un bar, un énorme chien qui m'aboie dans l'oreille (en fait non, c'est un passant qui s'amuse), une voiture, une sortie de centre aéré, j'entends les enfants qui s'étonnent "elle fait quoi la dame? "Elle est aveugle?"... Je souris "Non, c'est juste pour voir..." Et puis ma guide m'ouvre des portes, celle d'un lieu plus sombre où une autre voix m'accueille, où mes doigts et mes oreilles découvrent ce que mes yeux ne peuvent voir : une harpe, et de l'émotion.
Plus tard, c'est dans un petit salon qui sent le cuir, les livres et le bois que nous parlons de voyage avec A. en buvant un Bissap, boisson sucrée et acidulée préparée à partir des feuilles d'hibiscus. Je ne la vois pas. Elle rie quand je demande s'il y a des livres chez elle (il y en a partout en fait...)
Un peu plus loin, c'est F. qui va m'emmener découvrir un lieu qui me semble être un jardin. Elle est aveugle. Les yeux bandés, je m'accroche à son bras, elle à sa canne blanche et nous formons l'espace d'une demi-heure peut-être, un étrange duo, décontenancé par un obstacle qui ne se trouvait pas là et qu'on identifie à force de tâtonnements comme une voiture... éclats de rire et nous reprenons notre petit périple, croisons des gens qui parlent, que j'entends s'écarter à notre arrivée, murmurer aussi... je suis très émue lorsque je la quitte. J'ai du mal à reprendre ma respiration, je suis en train de faire une drôle de bouille de mascara sous le masque...B m'invite à poser mes mains devant moi, c'est froid et doux, irrégulier aussi. Une sculpture, sûrement. mes mains palpent, je me hisse vers le haut, perdue par ces formes qui ne m'évoquent rien. J'entends des rires. Hissée sur la pointe des pieds, j'avais les deux mains sur les seins de la statue.
Dernière étape, dans une pièce qui me semble obscure. M. me prend le bras, je suis pieds nus, et nous marchons sur un tapis. On va danser, se chercher, se trouver, à tâtons, puis plus facilement et plus légèrement aussi. J'avance et m'arrête, au rythme des pas que j'entends autour. Je ne me vois pas, alors je peux danser, juste comme ça, sans musique, juste avec moi-même. C'est épuisant.
Et puis quelques minutes plus tard, j'ai enlevé le masque et découvert le visage souriant de B., ma guide. Sourires.
Et j'ai aussi vu la salle où j'ai dansé, pas sombre du tout, surmontée d'une mezzanine d'où les participants précédents observent...
Quelques jours, semaines ou mois seront nécessaires pour revivre, comprendre, ressentir cette étrange parenthèse...


Projet In Situ
La Villette